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Une conférence mormone en dehors des États-Unis ?
Tad Walch Mardi 3 avril 2007 Deseret Morning News Traduction Fabrice Cellier
« Au plan international [NdlT] l’Église n’est encore aussi forte qu’aux États-Unis, rapporte Frère John K. Carmack, membre émérite de l’autorité générale de l’ Église des SDJ. Je ne suis pas prophète, voyant ou révélateur, mais je suis convaincu que cela arrivera ». « Je peux très bien imaginer des conférences générales être tenues à Sao Paulo, ou dans la ville de Mexico, ou encore à Manille ». Carmack a fait cette déclaration à la 18ème conférence annuelle de la LDS International Society, qui fut tenue à l’université mormone Brigham Young University (BYU) le lendemain de la conférence générale de Salt Lake City, où se tiennent depuis 160 ans les conférences de l’Église, depuis que le dirigeant de l’Église Brigham Young a établi le siège de l’Église en Utah. Carmack a indiqué qu’en six ans le FPE de l’Église fait des prêts à 27 000 étudiants mormons dans 39 pays. « La plus grosse difficulté est de mettre en place un système qui permette d’être en contact avec 27 000 personnes, a-t-il souligné. Cela représente à peu prêt la taille de BYU ». Bien qu’il l’ait pour ainsi dire dépassé en taille, le nom et le fonctionnement du FPE sont inspirés du Fond Permanent d’Immigration, qui a aidé 30 000 convertis européens pauvres à émigrer en Utah de 1850 à 1860.
Le FPE a été créé en 2001 pour aider les membres de l’Église âgés de 18 à 30 ans de pays désignés à obtenir une éducation ou une formation qu’ils ne pourraient s’offrir en d’autres circonstances, et par là même obtenir un travail qui leur permettra de « sortir de la pauvreté et d’acquérir une autonomie », explique Carmack. Le but, précise-t-il, est de « donner naissance à une génération de dirigeants qui auront le temps, l’énergie et les ressources pour mettre sur pied une église. Il se marieront, auront une famille aux besoins de laquelle ils pourvoiront, et, avec le temps, leurs versements de la dîme et leurs ressources financières rendront autonomes ces branches de l’Église. Aujourd’hui, six après son lancement, souligne Cormack, « on commence à entrevoir le bien que cela apporte à l’Église sur le plan international. [NdlT] Déjà, un nombre non négligeable de nos dirigeants dans ces régions qui ont reçues le programme sont issus de rangs de membres ayant bénéficiés du FPE ». Carmack souligne que le président de l’Église pour la région nord de l’Amérique latine a récemment rapporté que plus de 10% des présidents de districts et des évêques de cette région sont des lauréats du FPE. Le Brésil est clairement le grand bénéficiaire du fond, suivi du Mexique, du Chili, et du Péru. Cinq cents prêts ont été attribués en Afrique du Sud et une poignée au Ghana alors que l’Église commence à mettre en place l’infrastructure nécessaire pour déployer le programme en Afrique. Le Nigéria est le prochain sur la liste, raconte Carmack. Selon le site web de l’Église, l’objectif du fond est de lever 250 millions de dollars et d’utiliser les intérêts pour faire des prêts. Carmack refuse de révéler le montant de la somme récoltée jusqu’à présent, mais indique que celui-ci est important et suffit pour le moment. « Le fond nous rapporté plus que nous avons dépensé, et il continue de croître, explique-t-il. Encore quelques années et le fond sera financièrement autonome. Nous n’avons besoin de rien d’autre ». Les destinataires remboursent le prêt avec un intérêt de 3%, puis l’argent est de nouveau prêté à quelqu’un d’autre. Carmack a indiqué au Deseret Morning News que le taux cumulé de remboursement sur six ans est de 66%, et continue de croître. « Cela s’améliore chaque année, explique-t-il. L’année dernière le taux était de 90%. L’année précédente de 80%. Un an avant cela, il était de 70%. Ils remboursent leur prêts admirablement bien ». Plusieurs orateurs, dont la présidente de BYU Cecil Samuelson, qui a présenté l’orateur Michael Young, président de l’Université de l’Utah, ont remarqué que les cinq hommes appelés pour week end de la conférence générale comme autorités générales permanentes de l’Église venaient tous de pays étrangers : Allemagne, Philippines, Argentine, Guatemala, Mexique. l’Église est à un stade, explique Carmack, où il convient de restreindre les aspects qui sont proprement américains et qui ne sont pas pertinents pour l’Église dans le reste du monde. « Nous simplifions et trouvons ce qui est essentiel au salut et à la gouvernance de l’Église et ce qui ne l’est pas », dit-il.
[NdlT] Il est intéressant de noter, qu’en anglais, « the international church » désigne la partie de l’Église ne réside pas sur le territoire américain. Le fait qu’un terme propre existe pour souligner ce fait montre à quel point la chose est devenu une préoccupation pour l’Église et que cette dernière est consciente des différences qu’il existe entre « les deux églises », et des défis que cela représente pour le futur. |