LES MORMONS

théologie, croyances, pratiques, et actualité de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours

DANS LA PRESSE

 

 

Accueil

 

 

Saintes écritures
et théologie

 

 

Les mormons
par thèmes

 

 

Actualité!
Les mormons
dans la presse

 

 

Statistiques!
Les mormons
en chiffres

 

 

Les Mormons
en vidéo

 

 

La Boutique mormone

 

 

La médiathèque mormone

 

 

Contact

 

 

Index / Les Mormons dans la presse / L'Eglise sommée de révéler sa situation financière dans un cas d'abus sexuel

 

Un avocat qui souhaite obtenir le bilan financier de l'Eglise des SDJ fait appel à la justice

 

 Une cour de l'Oregon juge un cas d'abus sexuel impliquant un "enseignant à domicile"

 

Peggy Fletcher Stack

The Salt Lake Tribune

13 juillet 2007

voir les archives du Salt Lake Tribune

Traduction de Fabrice Cellier, mormonisme.com
Les textes entre [ ] sont des ajouts de traduction

 

Une décision de justice de la court suprême de l’Oregon ordonnant à l’Eglise des SDJ de révéler les détails de sa situation financière à une victime d’abus sexuels supposée pourrait avoir d’importantes implications pour l’Eglise, qui n’a pas rendu publique la valeurs de ses actifs depuis 1959.

Le plaintif dans l’affaire de l’Oregon, qui dit avoir été victime d’abus sexuels répétés par son « enseignant à domicile » mormon, argue qu’il est nécessaire de connaître la valeur financière de l’Eglise afin de déterminer si 45 millions de dollars de dommages et intérêts constituent un montant adéquat.  L’Eglise oppose que révéler de telles informations porterait atteinte à son bon droit en tant qu’établissement religieux.

« L’Eglise respecte la loi, mais tient profondément à préserver le droit constitutionnel qui garantit aux églises le respect de leur libre expression », a déclaré Stephen F. English, avocat de l’Eglise à Portland, Oregon.  Le porte-parole de l’Eglise Scott Trotter a refusé d’en dire davantage sur ce que l’Eglise comptait faire, mais il se pourrait qu’elle n’ait pas grand-chose à faire.  La décision a été prise avant le procès, ce qui signifie que la court pourrait bien à terme se ranger du côté de l’Eglise.

Néanmoins, et bien qu’elle ne soit pas la seule dans les milieux religieux, l’affaire a de nouveau porté l’attention sur le fait que l’Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours insiste pour garder confidentiel sa valeur financière. 

La loi fédéral n’impose pas que ces informations soient rendues publiques et peu de mouvements religieux acceptent de la faire d’elles-mêmes, explique Dan Busby, vice président du Conseil Evangélique de comptabilité [Evangelical Council for Financial Accountability] de Winchester en Virginie.

Toutefois, l’Eglise mormone est la seule à collecter la dîme et les dons comme elle le fait, c'est-à-dire de collecter via les églises locales avant de transférer et de centraliser les sommes au siège de Salt Lake City pour enfin les redistribuer en fonction des besoins.  L’Eglise est dirigée par un clergé de volontaires, mais les églises, les temples, les allocations des missions, et les salaires des formateurs sont financés par l’Eglise.

A cause de cette centralisation de l’information financière, révéler une partie du capital de l’Eglise reviendrait à révéler la totalité de son actif.  Pour les dirigeants mormons, cette situation aurait des conséquences injustes.

« Je ne connais aucun mouvement ou Eglise qui canalise la totalité de ses revenus vers un même dépositaire central.  C’est du jamais vu dans le monde protestant, explique Busby.  La plupart des Eglises demande à leurs paroisses de reverser un pourcentage ou un par membre à leur siège, mais il s’agit en général de seulement 10% ou 15% des sommes servant à financer le bon fonctionnement du siège.

Même l’église catholique, dont la direction est centralisée au Vatican, est financée par les diocèses.  C’est pour cette raison que plusieurs diocèses américains ont déposé le bilan après avoir été contraint à verser des millions de dollars à des victimes d’abus sexuels.  Mais jamais personne na demandé à voir les comptes du Vatican.

Les finances de l’Eglise des SDJ sont une question délicate depuis le milieu du XXème siècle.  Jusque là, l’Eglise rendait publique des rapports financiers détaillés à l’occasion de sa Conférence Générale bi annuelle.  Mais, la pratique a été interrompue lorsque l’Eglise a dû révéler qu’elle s’était mise à découvert.

En 1957, l’Eglise des SDJ a perdu un million de dollars provenant des dîmes versées en investissant dans des obligations et bons gouvernementaux, selon un essai publié en 1996 par l’historien D. Michael Quinn.  En 1959, le découvert de l’Eglise atteignait 8 millions de dollars.

« Il y avait de bonnes raisons pour que les rapports comptables annuels de l’Eglise se tarissent en détails », a écrit Quinn dans Sunstone, un magazine mormon indépendant.

En 1962, l’Eglise se débattait avec un déficit de 32 millions de dollars, explique Quinn, « pour éviter la pire crise financière de son histoire ».

L’Eglise a alors intégré N. Eldon Tanner, « le magicien de la finance moderne » de l’Eglise, au sein de la Première présidence pour ramener les comptes de l’Eglise dans le vert.  Lorsque l’Eglise fut remise d’aplomb, personne ne suggéra de renouer avec le principe de rapports financiers détailler.  Ce qui ne signifie pas pour autant que personne n’a tenté de connaître la situation financière de l’Eglise.

En 1997, Time magazine estimait que l’Eglise serait à la tête d’un capital estimé entre 25 milliards et 35 milliards de dollars, dont 12 milliards en milliards en temples et autres lieux de cultes sur le territoire américain et 5 milliards en temples et lieux de culte à l’étranger ; 6 milliards de dollars d’investissements divers ; 5 milliards de dollars en ranchs, fermes et immobilier agricole, et un milliard en « écoles, et autres ».

Les dirigeants mormons ont répondu que le magazine avait « grossièrement exagéré » les ressources de l’Eglise et ont fait valoir que la plupart des actifs de l’Eglise « coûtent plus qu’ils ne rapportent ». 

Le procès de l’Oregon n’est le premier cas pour lequel l’avocat d’un enfant abusé tente d’obtenir la situation financière de l’Eglise.

En 2001, l’avocat Timothy N. Kosnoff tenta d’obtenir cette information pour son client Jeremiah Scott, alors également domicilié en Oregon et qui prétendait avoir été sexuellement abusé par l’enseignant mormon de son école dominicale [Sunday School].  Scott réclamait 1,5 milliards de dollars de dommages et intérêts.  Le tribunal reconnut la culpabilité de l’Eglise, mais établit le montant du préjudice à 3 millions de dollars sans mise à jour des informations financières.

La dernière tentative en date visant à révéler la situation financière de l’Eglise remonte à un procès tenu l’année dernière et qui mettait en accusation Kenneth I. Johnson Jr. Pour avoir abusé d’un jeune homme de Beaverton jusqu’à deux fois par semaine durant les années 1980.

Johnson, qui réfute l’accusation, était l’enseignant à domicile du garçon, affecté mensuellement par l’Eglise.  English affirme que Johnson agissait en tant qu’ami de l’Eglise, et non en tant que représentant der celle-ci, et que les dirigeants de l’Eglise n’avaient pas eu connaissance des accusations d’abus durant la période concernée.