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LES MORMONS théologie, croyances, pratiques, et actualité de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours DANS LA PRESSE |
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Les prophètes des temps modernes sont internationaux
Le mormonisme s'étend à travers le monde. Mais est-ce une religion mondiale?
The Economist 4 janvier 2007 Traduction Fabrice Cellier, mormonisme.com Les textes entre [ ] sont des ajouts du traducteur
Comme toute les communautés religieuses, l'Église de Jésus Christ des Saints des derniers jours (mieux connus sous l'appellation de Mormons) chériront éternellement les lieux liés à l'émergence de leur histoire. Pas seulement les endroits de l'état de New York où le prophète Joseph Smith dit avoir reçu la vision de Dieu puis un nouveau testament d'Écritures saintes, ni les impressionnants quartiers généraux de l'Église en Utah, l'état où les pionniers mormons trouvèrent refuge. Certaines régions du nord et du centre de l'Angleterre où, peu de temps après que Smith eut ses visions, l'Église fit de nombreux convertis sont aussi chères au cœur des mormons. En ces premiers temps de l'Église, les britanniques qui acceptaient l'évangile mormon étaient encouragés à traverser l'Atlantique pour rejoindre le groupe grandissant des 'Saints' qui se préparaient pour la seconde venue du Christ, un évènement qui devait se produire prochainement en la nouvelle terre promise, les États-Unis. Mais aujourd'hui, après un siècle de croissance spectaculaire, la tendance s'est inversée: bien qu'elle soit toujours dirigée à partir de son QG basé à Salt Lake City, l'Église a pris pied dans à peu près tous les pays du monde, et la proportion d'américains parmi les membres de l'Église a chutée. Dans le nord-ouest de l'Angleterre, par exemple, l'Église encourage désormais les convertis à profiter de leur église et de leur temple flambants neufs; et leurs jeunes missionnaires plein d'entrain ont autant de chance d'être britanniques ou danois (ou même du Groenland) qu'américains. Et il n'y a pour ainsi dire aucun endroit (pas même la Mongolie, voir la photo) dans lequel les missionnaires ne se soient rendus. Rodney Stark, un sociologue américain, affirmait il y a 20 ans que le mormonisme état en passe de devenir la première religion mondiale apparue depuis Mahomet, et pensait que le nombre des fidèles franchirait la barre des 260 millions d’ici la seconde moitié du 21ème siècle. Depuis, le taux de croissance a un peu fléchi, bien qu’il demeure impressionnant comparé à quantité d’autres mouvements chrétiens. Quant à savoir si le mormonisme est vraiment une religion mondiale ou une religion américaine avec quantité de fidèles dans les pays étrangers, la question fait toujours débat. Douglas Davies, professeur à l’université britannique Durham University, pense que les Saints des derniers jours forment une église trop centralisée pour que celle-ci soit « mondiale » au sens propre du terme. Selon lui, le mormonisme ne pourra être considéré comme universel, à l'instar du bouddhisme ou de l’islam, seulement si les différents continents et cultures développent leur propre pratique du culte. Pour le moment du moins, les mormons s’apparentent à un paradoxal mélange de culture américaine et de cultures étrangères, comme toute multinationale qui aurait son siège aux Etats-Unis et sa clientèle à travers le monde. Lors des conférences mormones biannuelles de Salt Lake City, la grande majorité des 21000 fidèles présents sont américains. Malgré tout les organisateurs se targuent de traduire la conférence en 86 langues et de la rediffuser à travers le monde entier. Le Livre de Mormon – les écrits que Joseph Smith dit avoir reçus – a été traduits, au moins en parties, dans 105 langues différentes. Les fidèles mormons les plus connus, de Mitt Romney, gouverneur du Massachusetts et possible futur président américain, à Brandon Flowers, chanteur pour le groupe de rock Killers, sont on-ne-peut-plus américains. Sur les 12 Apôtres à la tête de l'Église, seulement un est né en dehors des frontières américaines, et la plupart sont originaires de l’Utah. Mais des étrangers, en particulier en provenance du monde hispanophone et du Brésil, gravissent les échelons de la hiérarchie. Un des membres du Conseil des 70, l’autorité juste en dessous des 12 Apôtres, est japonais et un autre britannique. Où qu’il aille, le mormonisme conserve le parfum du Middle West américain, avec son mélange de conservatisme social, de philanthropie, d’aisance face au matérialisme, et de dévotion envers des croyances bien établies. A 96 ans, Gordon B. Hinckley, le président du mouvement, reconnu ex officio comme prophète, est une figure incontestablement américaine. Malgré tout, il voyage aux quatre coins du monde et a supervisé un programme mondial de construction de temples, ces bâtiments gigantesques dans lesquels les sacrements tels que les baptêmes et les mariages sont célébrés. La croissance la plus spectaculaire de l'Église a eu lieu en Amérique latine, là où les autochtones américains s’enthousiasment peu à peu pour une croyance mormone qui enseigne qu’ils sont les descendants d’une tribu sémite égarée, et là où l'Église catholique est souvent trop étiolée ou idéologiquement divisée pour satisfaire ses ouailles. Sur une population mondiale de 12,7 millions de fidèles, le Brésil et le Mexique en compte 1 million chacun. Les pays de l’ex-URSS, une autre région du monde où la demande religieuse est forte et où les autres Églises sont mal organisées, devraient en principe être des terrains fertiles pour le prosélytisme, mais en pratique les conversions sont peu nombreuses : la Russie compte 19 000 fidèles et l’Ukraine 10 000.
Comment expliquer que l'Église mormone attire alors que quantité d’autres
mouvements montrent des signes de déclin ? Est-ce l’image de l’Amérique
prospère, sobre et en bonne santé qui séduit dans les villages africains ou les
bidonvilles mexicains ? M. Davies pense que l'aspect le plus attrayant du
mormonisme est sa croyance que la mort a été vaincue : les fidèles croient
fermement à la vie éternelle (en couple), et en organisant des baptêmes
posthumes ils ont également la possibilité de sauver leur ancêtres décédés.
Pour Margaret Barker, une universitaire méthodiste, la force du mormonisme
repose en partie sur son insistance à rappeler que le pouvoir de prophétie et la
révélation divine n’appartiennent pas au passé : le(s) message(s) de Dieu est
toujours en mouvement. En dépit des bonnes relations qu’ils cultivent avec les dirigeants du monde, l’expansion mormone n’est pas toujours bien vue. Dernièrement, Alexander Lebed, un homme politique russe, déclarait que l'Église mormone devrait être interdite. Et dans les pays musulmans, les mormons rencontrent au moins autant d’obstacles que les autres fidèles non-musulmans. Mais paradoxalement ces deux religions ont des choses en commun. Comme les musulmans, les mormons pensent que le pacte que Dieu a passé avec Abraham, ainsi que le message de Jésus de Nazareth ont été altérés par les générations qui suivirent, jusqu’à ce que leurs prophètes respectifs y remédient. Et comme les musulmans, les mormons seront des prédicateurs avec lesquels il faudra compter dans le troisième millénaire chrétien. |