LES MORMONS

Théologie, croyances, pratiques, et actualité de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours

DANS LA PRESSE

 

 

Accueil

 

 

Saintes écritures
et théologie

 

 

Les mormons
par thèmes

 

 

Actualité!
Les mormons
dans la presse

 

 

Statistiques!
Les mormons
en chiffres

 

 

Les Mormons
en vidéo

 

 

La boutique mormone

 

 

La médiathèque mormone

 

 

Contact

 

 

 

 

Index / Les Mormons dans la presse / Conséquence pour l'église qui souhaite rehausser le niveau de qualification de ses missionnaires

 

Conséquences inattendues pour l'Eglise qui souhaite "rehausser le niveau"

 

Retours en baisse : Avec moins de missionnaires dans les rues, le nombre de convertis à également diminué.

 

Peggy Fletcher Stack

The Salt Lake Tribune

22 juin 2006
article source

Traduction Fabrice Cellier, Mormonisme.com

En savoir plus sur les missionnaires mormons

 

Cette photo est la propriété du Salt Lake Tribune, cliquez dessus pour en voir d'autres

En octobre 2002, l’apôtre SDJ M. Russell Ballard annonçait à des milliers de mormons pendant la conférence générale de l’Eglise que celle-ci « rehaussait le niveau » de qualification pour les missionnaires.

Il n’a rien dit sur le fait de sacrifier la quantité pour la qualité.

Mais deux ans après ce discours, le nombre de missionnaires de part le monde est passé de près de 62 000 à environ 51 000, un fait qui a peut être contribué à la baisse du nombre de convertis, passé de 300 000 à 241 000 en 2004.

Cette baisse n’a surpris personne a affirmé Dale Bills, porte-parole de l’Eglise, dans un entretien récent.  « En rehaussant les critères de qualifications pour les missionnaires, l’Eglise s’attendait à une baisse du nombre de missionnaires en service ».

Néanmoins, cela a généré, à travers tout le pays et sur internet, des débats sur les bienfaits et les méfaits d’un tel changement.

Certains pensent que cela présente l’avantage de filtrer les éléments négligents et peu consciencieux -- les non-convertis et les fainéants qui sont un boulet pour le système.  D’autres regrettent la perte de certains qui auraient pu se voir attribuer une seconde chance sous l’ancien règlement.

« Le temps des missionnaires qui se repentaient pour partir est révolu, a prévenu Ballard dans son discours sur le sujet.  Certains jeunes gens pensent à tort qu’ils peuvent vivre dans le péché et se repentir à l’âge de 18 ans et demi pour pouvoir partir en mission à 19 ans.  Bien qu’il soit possible de se repentir de ses péchés, il n’en est pas moins vrai que vous pouvez très bien ne pas être envoyé en mission ».

Au lieu d’employer chaque jeune homme souhaitant se soumettre à la rigueur d’une vie de missionnaire de deux ans pour le compte de l’Eglise de Jésus Christ des Saints des derniers jours, les dirigeants mormons souhaitent avoir uniquement « des missionnaires dignes, qualifiés et très motivés sur le plan spirituel », a indiqué Ballard.  « Ca n’est pas une chose pour les individus spirituellement faibles.  Nous ne pouvons vous envoyer en mission pour vous redynamiser, vous remettre sur le droit chemin, ou que vous receviez un témoignage.  Nous n’avons pas le temps pour cela ».

Les rumeurs abondent pour déterminer ce qui pourraient empêcher quelqu’un d’obtenir une autorisation de départ en mission.  Certains affirment que prendre un traitement pour dépression ou manque de concentration rend inéligible.  Ou encore, le fait d’avoir vu un psychiatre, ou d’être en surpoids. 

« C’est un mythe, répond Quinton Harris, ancien directeur du comité médical pour le missionnariat SDJ.  Il y a très peu de choses qui pourraient empêcher quelqu’un de partir.  Chaque cas est traité individuellement ».

Une personne qui souffre de schizophrénie ne pourrait probablement pas partir en mission, précise-t-il.  La bipolarité est également difficile à gérer.  Mais si la personne suit un traitement, il y a toujours une chance qu’elle puisse partir ».

« Nous aimerions que chaque personne avec des problèmes émotionnels soit examinée, puis stabilisée par traitement avant de partir, pourvu qu’elle le suive pendant sa mission, précise Harris.  Si leur état est stable avec un traitement, il y a alors une chance qu’ils réussissent ».

Par le passé, la détection de problèmes émotionnels chez les missionnaires potentiels n’était pas suffisamment minutieuse.  Beaucoup ne souhaitaient pas indiquer qu’ils avaient vu un psychiatre ou pris un traitement.  Ou bien ils pensaient qu’ils n’en avaient plus besoin et qu’ils allaient bien.  Pendant leur mission, certains d’entre eux tombèrent malades et durent rentrer chez eux pour se faire soigner.

« Quelque soit votre état, celui-ci empire lorsque vous partez en mission », dit Harris.

De son point de vue, le fait de rehausser le niveau a été un énorme succès ; rien que par le fait de prévenir les évêques et les président de districts des besoins émotionnels de leur missionnaires.

Avec ce nouveau système, les difficultés mentales, physiques ou sociales de chaque missionnaire potentiel sont évaluées par les autorités ecclésiastiques.  Certains états, tels que la dépendance au sexe, à l’alcool ou aux drogues écarteraient toute possibilité de partir en mission.  Mais les candidats qui ont démontré leur capacité à contrôler certains de ses comportements peuvent être pris en compte pour un départ en mission.  Les jeunes femmes qui ont déjà eu recours à l’avortement sont en général inéligibles.

Malheureusement, certains candidats qui ont suivi des traitements pour maladie mentale disent avoir été injustement écartés.  De même que certains candidats qui étaient sexuellement actifs par le passé et qui mènent depuis une vie de célibat.

« J’aime l’image de missionnaires qui se sont battu pour surmonter leurs difficultés et qui parcourent le monde pour tenter d’aider de potentiels convertis à mener leurs propres combats, raconte John Hatch, un universitaire spécialisé en histoire à l’Université d’Utah et qui a accompli sa mission dans le nord de l’état de New York de 1995 à 1997.  Les deux deviennent alors intimement concernés, pas seulement le converti ».

Hatch s’inquiète également que le fait de rehausser le niveau rende l’Eglise « plus élitiste ».

« Cela facilite la mise à l’écart de ceux qui ont déjà des difficultés, alors que ceux qui sont prédisposés à l’obéissance gagneront encore en reconnaissance en devenant missionnaires, raconte Hatch.  Je ne serais certainement pas membre de l’Eglise aujourd’hui si je n’étais pas parti en mission ».

Certains bloggers sur internet affirment toutefois que la baisse du nombre de missionnaires n’a rien à voir avec la révision à la hausse des critères de sélection.  Il l’attribue plutôt à ce qu’ils considèrent être un baby-boom inversé qui aurait produit moins de jeunes hommes de 19 ans, surtout aux Etats-Unis.  Bills pense que la « baisse de la population de jeunes adultes en âge de partir en mission » est un facteur, mais pas la seule raison pour expliquer la baisse des chiffres.

Quelle qu’en soit la cause, l’Eglise veut renverser cette tendance.

Pendant la conférence générale de l’Eglise en avril, Ballard a relancé le sujet du travail des missionnaires.

Il a cité le président de l’Eglise Gordon B. Hinckley disant que « la demande de rehausser le niveau de qualification des missionnaires n’était pas un signal pour envoyer moins de missionnaires, mais un appel aux parents et aux dirigeants pour qu’ils aident les jeunes gens à mieux se préparer à leur missionnariat et qu’ils restent dignes de ce service ».

Ballard a ensuite demandé aux dirigeants locaux des 26 000 congrégations de trouver « au moins un jeune homme, en plus de ceux déjà engagés, pouvant servir en mission ».

Si cela se faisait, « les rangs de nos missionnaires servant à temps plein enfleraient, explique Ballard, et nous nous rapprocherions beaucoup de notre devoir divin qui consiste à porter l’évangile dans toutes les nations, toutes les familles, toutes les langues, et tous les peuples.