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LES MORMONS théologie, croyances, pratiques, et actualité de L'Eglise de Jésus Chris des Saints des Derniers Jours DANS LA PRESSE |
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Vieillir avec élégance : Gordon B. Hinckley est le plus vieux dirigeant que l’Eglise des SDJ ait connu.
Aujourd’hui, il dépasse David O. McKay. Un expert en histoire religieuse s’étonne de son modernisme.
Peggy Fletcher Stack The Salt Lake Tribune 3 novembre 2006 traduction de Fabrice Cellier Les textes entre [ ] sont des ajouts de traducteur
A 96 ans et 133 jours, Président Gordon B. Hinckley devient le plus vieux « prophète, voyant et révélateur » [titre donné au prophète de l’Eglise mormone] que l’Eglise des Saints des derniers jours (SDJ) ait connu. Hinckley est donc un jour plus vieux que ne l’était David O. McKay lorsqu’il mourut le 18 janvier 1970 (à moins que l’on ne compte les années bissextiles, au quel cas il a franchi le cap jeudi dernier). Le troisième plus vieux président de l’Eglise fut Joseph Fielding Smith, qui mourut 17 jours avant son 96ème anniversaire, suivi par Ezra Taft Benson qui mourut à 94 ans, et Wilford Woodruff à 91 ans. Joseph Smith, un jeune américain de 25 ans en quête [d’or et de spiritualité] vivant dans le nord de l’état de New York, fonda l’Eglise de Jésus Christ des Saints des derniers jours en 1830. Il mourut à 38 ans et Brigham Young, le plus anciens des 12 apôtres de l’Eglise, hérita de la présidence de l’Eglise qu’il dirigea jusqu’à sa mort, à l’âge de 76 ans. Ce schéma de succession fut alors appliqué jusqu’à aujourd’hui et la présidence de Hinckley, le 15ème président de l’Eglise. « Pour un homme de son âge, Hinckley est remarquablement libre de toute maussaderie et cynisme qui sont caractéristiques des personnes âgées, affirme Kathleen Flake, qui enseigne l’histoire religieuse américaine à l’université Vanderbilt de Nashville. Il y a un énorme faussé des générations et culturel entre le président Hinckley et la grande majorité des Saints des derniers jours. Néanmoins, il comble ces différences si élégamment que la plupart des gens n’y font pas attention. » « Cela vient de sa façon de parler, des métaphores qu’il emploie, de sa conscience des problèmes et des sujets actuels, des histoires qu’il raconte et des comparaisons qu’il fait », dit-elle. « Il vous serait bien difficile de relever un anachronisme dans ses discours, dit Flake. Lorsqu’on les écoute, leur modernité étonne. Il ne parle pas de la Ford T ou de la guerre froide. Il ne renvoie pas les gens à un passé nostalgique, mais regarde toujours vers l’avant. » Hinckley est le plus en forme et le plus vigoureux des nonagénaires que la présidence mormone ait connus. Avant cette année il n’avait jamais passé une seule nuit à l’hôpital. Après avoir subi une opération chirurgicale en janvier dernier pour se faire ôter une tumeur cancéreuse au colon suivie d’une chimiothérapie, Hinckley a rapidement repris ses obligations présidentielles, en retournant au bureau la plupart des jours, et même en voyageant au Chili et en Finlande pour inaugurer de nouveaux temples. Passé leur 90ème anniversaire, les prédécesseurs de Hinckley souffraient des effets débilitant causés par leur longévité. Durant les dernières années de leur vie, ils passaient la majeure partie de leur temps confinés chez eux, certains incapables de parler, ce qui les rendait pratiquement incapable de remplir les tâches inhérentes à leur rang. Au contraire, Hinckley a passé ses onze années de présidence à parcourir le monde en jet, faire des discoures dans des stades, de Manille à Mexico, de Santiago à Sacramento, de Rio de Janeiro au Music Hall de Radio City [maison de la radio]. Il a lancé, il y a quelques années une « célébration culturelle » dédiée aux adolescents mormons avant chaque inauguration de temple, et dont il était l’attraction vedette. Le but était de dynamiser les jeunes membres de l’Eglise, et il semble que cela ait fonctionné.
« Il n’a pas délégué cette partie de sa mission à un administrateur plus jeune, ajoute Flake. Il s’adresse en personne aux jeunes adultes. Ils le trouvent clair et accessible lorsqu’il s’exprime. Je trouve ça frappant. » A ce jour, Hinckley a conservé toute son acuité mentale et son sens de l’autodérision. Dans un discours livré mardi dernier à l’université Brigham Young [la plus grande université de l’Eglise], Hinckey a cité Ralph Waldo Emerson, évoqué d’anciens moments de sa vie, et récité un poème sur Abraham Lincoln. Il a plaisanté avec les étudiants en brandissant sa cane vers eux. Durant la Conférence générale de l’Eglise le mois dernier, Hinckley fit allusion à l’imminence de ce cap. « Si je survis encore quelques mois, je deviendrais alors le plus ancien président qu’ai connu l’Eglise. Je ne dis pas cela avec vantardise mais plutôt avec reconnaissance, ajouta-t-il à la conférence du dimanche matin. Le Seigneur m’a permis de vivre ; je ne sais pas pour combien de temps encore. Mais quel qu’il soit, je continuerai à donner le meilleur de moi pour la tâche que j’ai à accomplir ». Hincley n’a rien prévu pour marquer ce nouveau cap, a annoncé le porte-parole Dale Bills. Une journée de travail, comme les autres. |