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Index / Les Mormons dans la presse / Warren Jeffs démissionne de la présidence de l'Eglise Fondamentaliste de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours

 

Le leader polygame Warren Jeffs renonce à son statut de dirigeant de l’organisation religieuse, mais reste-t-il le ‘prophète’ du mouvement ?

 

Brooke Adams

The Salt Lake Tribune

6 décembre 2007

Traduction mormonisme.com

 

 

Note du traducteur: Dans un souci de clarté, mormonisme.com tient à préciser que cet article concerne le dirigeant de la l'Eglise Fondamentaliste des SDJ, un mouvement dissident de l'Eglise majoritaire, qui a choisi de s'en détacher précisément parce que l'Eglise majoritaire ne pratique plus la polygamie depuis une centaine d'année. La polygamie est bien entendu illégale aux Etats-Unis.

Pour en savoir plus sur l'ensemble des mouvements issus du mormonisme, cliquez ici.

 

 

Le dirigeant de la secte polygame, Warren S. Jeffs, a déclaré mercredi qu’il avait démissionné de son poste de président de l’entité de légale dont dépend l’Eglise Fondamentaliste de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours.

Jeffs avait officiellement démissionné de ses fonctions le 20 novembre après avoir été condamné à deux peines d’emprisonnement de cinq ans à perpétuité à la prison d’état d’Utah pour complicité de viol.

Jeffs avait demandé à ses avocats de faire la déclaration auprès des médias et des fidèles de l’Eglise Fondamentaliste des SDJ.

Le communiqué révélait que « M. Jeffs avait démissionné de son poste de président de la Corporation of the President of the Fundamentalist Church of Jesus Christ of Latter Day Saints Inc. le 20 novembre 2007 ».

En 1961 le mouvement religieux a adopté une structure d’entreprise semblable à celle de l’Eglise majoritaire de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours.

En octroyant à son dirigeant le statut d’un chef d’entreprise, le mouvement s’est assuré le statut juridique d’organisation religieuse garantissant la pérennité du culte au fil des présidences successives.

Agé de 52 ans, Jeffs tenait son poste depuis 2002, date à laquelle il succéda à son père, Rulon, en tant que président de l’Eglise Fondamentaliste des SDJ et, aux yeux des fidèles, en tant que prophète.

Une seconde entité légale fut mise sur pied pour collecter la dîme et gérer une partie des affaires du mouvement, comme la gestion d’une ferme située dans la ville de Beryl.

Rod Parker, avocat de Salt Lake City, a aidé le mouvement a modifié sa structure légale en 1997 puis en 2002.

« Pour que l’Eglise ait une activité juridique séculière, il faudrait y placer quelqu’un d’autre », a déclaré Parker. « Ce ne doit pas nécessairement être le président du culte ».

« Sa démission du poste d’un point de vue juridique ne permet pas de conclure sur ses intentions quant à son position en tant que prophète », explique Parker.

Il n’est pas certain que Jeffs préservera sa position religieuse à la tête du mouvement.  En janvier, juste avant de commettre une tentative de suicide, Jeffs avait déclaré à sa famille et  des dignitaires du mouvement qu’il n’avait jamais été un prophète et avait nommé William E. Jessop le digne dirigeant du mouvement, avant de manifestement revenir sur ses déclarations.

Bruce R. Wisan, qui gère les biens de la communauté indique que la démission de Jeffs n’aura aucune incidence sur les procès engagés contre lui ou le mouvement.

Jethro Barlow, un ancien fidèle et comptable de l’Eglise Fondamentaliste, pense que les intentions de Jeffs s’éclairciront à la lueur des événements à suivre ; selon que quelqu’un succède à Jeffs ou que l’organisation soit juridiquement dissoute.

« Je serais à même à penser que la structure juridique et financière prend ses distance avec les problèmes personnels de Jeffs », indique Barlow.  « Il est plus que probable que ses conseillers et ses avocats tentent de le convaincre qu’il est illégal et qu’il lui est en d’occuper ses fonctions alors qu’il est emprisonné ».

Mardi, les avocats de Jeffs ont demandé un recours pour vice de forme lors du procès de septembre mais n’ont pas à cette heure justifié les erreurs de procédure.

Les avocats de la défense ont décrit Jeffs comme victime de persécutions religieuses.  Plus précisément, les avocats de Jeffs ont déclaré que le juge en charge du procès avait failli à communiquer fidèlement les instructions au jury, et que le dossier d’accusation porté par l’Etat était bien trop mince pour convaincre un jury de la culpabilité de Jeffs.