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LES MORMONS Théologie, croyances, pratiques, et actualité de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours DANS LA PRESSE |
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Romney prend les devants et saisit à bras le corps le débat sur son appartenance religieuse
Il a consciencieusement étudié le discours de JFK, et livrera peut-être le sien.
9 février 2007 Adam Nagourney et Laurie Goodstein Du New York Times News Service Traduction mormonisme.com
Steve Pope - Associated Press
Alors qu’il débute sa campagne pour la nomination républicaine aux présidentielles américaines, Mitt Romney, l’ex-gouverneur du Massachusetts, doit faire face à une première interrogation : sa religion (il est mormon) sera-t-elle un handicap dans sa course à la Maison Blanche ? Les sondages montrent qu’un nombre conséquent d’américains refuseraient de voter pour un membre de l’Église de Jésus Christ des Saints des derniers jours. Cette religion est perçue avec suspicion pour les conservateurs chrétiens qui constituent le cœur du parti républicain qui désignera son candidat à la présidentielle lors des primaires. Les conseillers de Romney admettent que la fausse image qu’ont les gens du mormonisme, ainsi que les suspicions sur l’obligation de loyauté des membres envers les dirigeants de l’Église dans les affaires de politique publique, pourraient fournir aux adversaires de Romney des arguments lors de la bataille rangée qui opposera entre eux les républicains afin de désigner le candidat conservateur. Dans une longue interview sur le sujet accordée durant sa tournée en Caroline du sud la semaine dernière, Romney a fait part de sa confiance en sa capacité à apaiser les inquiétudes suscitées par ses convictions religieuses, mettant en avant son expérience et sa victoire au poste de gouverneur du Massachusetts. Indiquant que, comme quantité d’américains, il était déconcerté par le débat qu’il qualifie de « bizarre » et qui tourne autour de pratiques mormones appartenant au passé telle que la polygamie, il réfute l’argument qui prétend que sa foi le contraindrait à faire passer son église avant le pays. « Les gens commencent toujours par s’intéresser à vos convictions religieuses et tout ce qui a trait à vos origines et votre milieu », explique-t-il. « Mais sitôt qu’ils commencent à regarder les débats télévisés, à vous écouter défendre vos idées, ils se sentent incroyablement concernés par votre vision de l’avenir et vos aptitudes en tant que dirigeant ». Néanmoins, Romney ne prend aucun risque. Il organise un meeting qui se tiendra en Floride avant la fin du mois et qui réunira une centaine de pasteurs et autres personnalités religieuses du monde de la radio et de la télévision. Ce rassemblement fait suite à une réunion, qui semblent avoir été une réussite en tous points, tenue chez lui l’automne dernier rassemblant des leaders évangélistes, tels que Jerry Falwell, Franklin Graham (l’un des fils de Billy Graham), ou la prédicatrice Paula White.
Romney a indiqué qu’il pensait sérieusement à faire un discours publique sur ses idées politiques et sa foi, en s’inspirant de celui que John F. Kennedy avait fait en 1960 face à une vague d’inquiétude suscitée par son appartenance à l’église catholique. Les assistants de Romney expliquent qu’il a scrupuleusement étudié le discours de Kennedy afin de détailler les manœuvres qui pourraient lui permettre de devenir le premier président mormon de la nation, et a également consulté d’autres dirigeants élus de confession mormone, comme le sénateur républicain de l’Utah Orrin Hatch, sur la marche à suivre. Romney semble marquer des points. Plusieurs éminents leaders évangélistes ont indiqué, qu’après l’avoir rencontré, ils étaient devenus suffisamment à l’aise à l’idée d’avoir un homme comme Romney au poste de président pour vaincre les inquiétudes qu’ils pouvaient avoir quant à son appartenance religieuse. D’un point de vue pratique, certains avancent que Romney, en dépit des interrogations des conservateurs à propos de son repositionnement sur les questions de l’avortement et des droits des homosexuels, les a marqué comme étant le candidat républicain le plus apte à remporter les élections et à porter leur programme social à la Maison Blanche. « L’idée que Romney puisse être et soit notre meilleur candidat est de plus en plus favorablement accueillie », raconte Jey Sekulow, le conseiller en chef de l’American Center for Law and Justice, une organisation qui défend la cause des conservateurs sur le plan légal, et invité de marque sur les radios chrétiennes. Mark DeMoss, un consultant évangéliste en relations publiques qui représente quantité d’organisations chrétiennes conservatrices explique qu’il est « plus important pour moi qu’un candidat partage mes valeurs plutôt que ma religion »; ajoutant : « Et si j’applique ce principe, alors Romney est mon premier choix ». Les mormons se considèrent comme chrétiens, mais certaines croyances centrales à la religion mormone sont perçues comme hérétiques par les autres églises. Par exemple, les mormons ont trois autres recueils d’Écritures saintes en plus de la Bible, dont le Livre de Mormon qu’ils affirment être la transcription de plaques d’or découvertes en 1827 par Joseph Smith Jr., le fondateur et premier prophète de l’Église. Ils considèrent que Smith a sauvé la chrétienté de l’apostasie et a restauré l’Église chrétienne telle qu’elle est envisagée dans le Nouveau testament – mais ces doctrines sont rejetées par la plupart des églises chrétiennes. Mais au-delà de point théologique, c’est surtout la vision qu’ont certaines personnes de l’Église qui est responsable de la méfiance d’une partie du public, et qui perpétue l’idée que les mormons pratiquent toujours la polygamie (l’Église y a renoncé en 1890), que le mormonisme est plus une secte qu’une église, et que ses membres suivent les directives politiques données par leurs dirigeants. Plusieurs républicains ont affirmé que cette vision pourrait causer des difficultés à Romney, en particulier dans le Sud, qui a, jusqu’ici, pesé plus que de raison dans la nomination d’un candidat républicain pour les présidentielles.
Gloria A. Haskins, une représentante de la Caroline du sud qui soutient le sénateur John McCain pour la nomination républicaine, affirme que les échanges qu’elle a avec ses électeurs de Greenville, un bastion évangéliste, l’ont convaincu qu’un mormon comme Romney ne pouvait remporter les primaires républicaines dans son état. Les primaires qui se tiendront l’année prochaine dans cet état seront les premières d’un longue série, et probablement les plus critiques. « D’après ce que j’entends dans ma circonscription, je suis très sceptique », explique Haskins. « Ici c’est la Caroline du Sud ; nous sommes très évangéliques, chrétiens, et conservateurs, peu enclins à choisir une tendance qui sort de la norme. C’est ainsi que cela se passera, en tout cas dans cet état ». Mais Katon Dawson, le président du parti républicain en Caroline du Sud, pense que Romney a fait d’énormes efforts pour rassurer les gens. « Je l’ai entendu s’expliquer sur sa foi, son tempérament, ses convictions, et l’amour de sa patrie », raconte Dawson. « Je suis convaincu qu’il sera capable de répondre aux questions, que celles-ci soient lui soient posées à travers des critiques, des forums, ou des débats ». La candidature de Romney a agité, comme jamais depuis Kennedy, les discussions sur la place de la religion à la Maison Blanche, et ce jusque dans The New Republic qui a récemment publié un remarquable débat. Damon Linker, fervent critique de l’influence chrétienne conservatrice dans les affaires politiques, a décrit le mormonisme comme « une religion théologiquement instable, et par conséquent politiquement dangereuse ». Dans la même publication l’article présenta un démenti cuisant signé Richard Lyman Bushman, professeur d’histoire mormone à Columbia University qui indiquait que les arguments de Linker étaient « sans fondement dans les faits ». Romney n’est pas le premier mormon qui cherche à obtenir une nomination pour les présidentielles, mais tout porte à croire qu’il présente de bien meilleures chances de figurer sur les listes du scrutin. Son père, George Romney, fut candidat en 1968, mais sa campagne s’écroula avant même d’avoir une chance de répondre aux questions sur son appartenance religieuse. Hatch explique que sa propre candidature en 2000, qui avait été plus qu’un feu de paille, avait pour but « de mettre à terre les préjugés que les gens ont sur ma religion ». « Il y a tellement de préjugés », explique Hatch. « Nous avons parcouru beaucoup de chemin mais il y a toujours énormément de gens dans ce pays qui voit l’église mormone comme une secte ».
Si Romney a gagné sur terrain avec les évangélistes, il semble avoir encore de nombreux défis à relever pour faire disparaître les inquiétudes que les citoyens en général ont l’égard de l’Église. Un sondage de juin dernier pour le Los Angeles Times et Bloomberg a révélé que 37% des personnes interrogées ont affirmé qu’elles ne voteraient pas pour un membre de l’Église des SDJ aux présidentielles.
Romney a offert des garanties qui rappellent celles de Kennedy, lorsque, il y a 50ans, il s’exprima sur son appartenance à l’église catholique. Il a indiqué que ses obligations religieuses ne prendraient jamais le pas sur ses obligations politiques. Il a souligné que, au Massachusetts, il avait validé des lois autorisant les magasins à vendre de l’alcool le dimanche, bien que ses convictions religieuses lui interdisent de boire de l’alcool ; qu’il avait également autorisé la loterie de son état à s’étendre, alors que les membres de son église n’ont pas le droit de jouer de l’argent. Il a également insisté sur le fait que les mormons ne sont pas exclusivement républicains, rappelant que le sénateur du Névada, Harry Reid, est le chef de troupe de la majorité démocrate. « Il n’y a pas de directive politique émanant de l’Église », explique-t-il. « Comment expliquer qu’il y ait Harry Reid d’une côté et Orrin Hatch de l’autre sans admettre que l’Église n’influencent pas ses membres politiquement ? Je souscris totalement au point de vue d’Abraham Lincoln sur la religion politique américaine. Il en va ainsi lorsque vous prêtez allégeance pour prendre vos fonctions, vous êtes redevable envers la nation, c’est là le premier des impératifs ». Il dit ne pas être inquiet par la résistance que laissent apparaître les sondages. « Si vous faisiez un sondage en demandant ‘Est-ce qu’un acteur divorcé pourrait être élu président’, ou ‘voteriez-vous pour un acteur président aux présidentielles américaines’, je pense que 70% des gens répondraient non. Puis ils ont vu Ronald Reagan, l’ont écouté, ont perçu sa vision politique et ont su reconnaître son expérience, puis en ont conclu : j’aime bien Ronald Reagan alors je vote pour lui ». |