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LES MORMONS Théologie, croyances, pratiques, et actualité de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours DANS LA PRESSE |
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Pour Mitt Romney, ce n'est pas la même campagne que pour son père
Dan Gilgoff 16 septembre 2007 Traduction mormonisme.com
Il y a presque 40 ans, Mitt Romney, alors âgé de 21 ans, fut le témoin du soudain coup d'arrêt porté à la campagne présidentielle de son père. La candidature de 1968 de George Romney échoua pour plusieurs raisons: à cause de sa fameuse remarque sur le fait que les généraux américains lui avaient « lavé le cerveau » pour qu'il soutienne la guerre du Vietnam ; l'apparition surprise dans la course du républicain Nelson Rockefeller ; l'appel que Richard Nixon lança à l'Establishment. En revanche, son appartenance à l'église mormone, elle, ne fut pas prise en compte. « Je ne me rappelle pas avoir jamais été questionné sur ses croyances ou sur l'Église mormone », raconte Charles Harmon, le doyen des chargés de relation presse de Romney à l'époque. Walter D. Vries, le stratège en chef pour la campagne de Romney, n'a jamais considéré l'appartenance religieuse de son patron comme un handicap. « Je ne souviens pas que cela ait été évoqué », affirme-t-il. De fait, si la candidature de George Romney a fait surgir des histoires liées au refus de l'Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours à autoriser les noirs à intégrer la prêtrise -- une politique fut modifiée en 1978 -- la qualité de son bilan de gouverneur du Michigan sur la question des droits civiques l'immunisa contre toute accusation possible de racisme. Sans quoi, les journalistes n'attachèrent aucune importance à son appartenance religieuse. Alors, comment se fait-il que, quarante ans plus tard, le mormonisme ait un rôle de premier ordre, et soit peut-être le défi principal du candidat, dans la course à la présidentielle de Mitt Romey? Est-il possible que le pays soit devenu moins tolérant? S'il s'agit de faire entrer un mormon à la Maison Blanche, alors la réponse est peut être bien oui. En février dernier un sondage Gallup avait montré que plus d'un tiers des américains refuserait de voter pour un mormon ou émettait des réserves quant à le faire. « La candidature de George Romney faisait suite à l'élection de Kennedy de 1960, pour laquelle le pays avait décidé que l'appartenance religieuse n'avait pas d'importance, explique Richard Lyman Bushman, universitaire mormon et professeur d'histoire émérite à Columbia University. Et il semble qu'aujourd'hui nous retrouvons tous les sujets de préoccupations auxquels Kennedy avait dû répondre, version mormone ». Une grande partie de l'intolérance que suscite l’appartenance religieuse de Romney a pour origine la politisation des protestants évangéliques. Avant l'apparition de groupes tels que la Majorité Morale, dont l'influence n'a commencer à croître que dix ans après la candidature de George Romney, les évangélistes du Sud des Etats-Unis ne s'impliquaient pas politiquement ou étaient démocrates pour des raisons tactiques. Mais l'ascension de la droite chrétienne a fait d'eux des éléments incontournables de la base électorale républicaine; une situation qui a soudainement fait de la religion des prétendants républicains à la Maison Blanche un point essentiel. « Est-ce que quelqu'un se préoccupe du fait que Harry Reid soit mormon?, s'interroge Alan Wolfe, directeur du Centre Boisi sur la religion et la vie publique américaine à Boston College. La réponse est non, parce qu'il n'appartient pas au parti politique où chacun doit se surpasser pour démontrer sa piété ». Là où Romney joue de malchance c'est qu'alors que le évangélistes se sont politisés et tournés vers le parti républicain, ils sont également devenus plus méfiants envers son église. Avec une population mormone qui est passée de 3 millions en 1971 à près de 13 millions aujourd'hui, les évangélistes perçoivent l'Église des SDJ non seulement comme une secte mais aussi comme un concurrent sur le plan de la conversion. Et il n'y a pas que les évangélistes. La mauvaise publicité qu'ont récemment reçu les Mormons, telle que le best-seller de Jon Krakauer publié en 2003 Under the Banner of Heaven (qui traite d'un meurtre survenu au sein d'une famille mormone fondamentaliste) ou les arrestations de communautés polygames vivant en marge de la société en Utah et en Arizona n'a pas vraiment contribué à améliorer l'image des mormons. Il faut également y ajouter la sortie cet été de September Dawn (un matin de septembre), un film annoncé comme étant la véritable histoire du massacre organisé par des mormons en 1857de 120 pionniers en partance pour la Californie. La presse a relevé que le massacre avait eu lieu un 11 septembre, et qu'il se démarquait comme étant "le premier acte connu de terrorisme religieux sur le sol américain". Tout cela contribue à expliquer pourquoi, selon le sondage Gallup de février, les américains seraient moins enclin à soutenir un mormon pour les présidentielles, qu'ils ne l'étaient à la fin des années 1960; et bien qu'il le soit davantage pour un candidat noir, juif ou femme. Mais les malheurs de Romney liés à son appartenance religieuse trouvent aussi leur origine dans le progressisme séculier issu des années 1960. Dans un des ces dossiers de janvier dernier, New Republic, un magazine qui penche à gauche, se demandait s'il était opportun qu'un mormon soit président. Une autre étude menée par l'institut Gallup a révélé que les progressistes constituaient le groupe idéologique le plus méfiant envers le mormonisme, avec 61% d'opinion défavorable de cette religion. « Il est possible que pour un partisan du sécularisme la différence entre un Baptiste du Sud et un Mormon ne soit que technique, explique John C. Green de l'université d'Akron dans l'Ohio. Les deux mouvements défendent des positions sociales qui n'intéressent pas les non-croyants ». Le fait qu'aussi bien l'électorat de droite que de gauche s'intéressent aux convictions religieuses des candidats à la présidentielle n'est pas forcément une mauvaise chose. Les détails concernant les croyances et habitudes religieuses d'un président peuvent affecter ses actions de façon radicale. « Il est tout à fait décent de demander quelle influence aurait le judaïsme orthodoxe si Joe Liberman était élu et que Shabbos subissait une attaque nucléaire, raconte Wolfe. Il n'y a rien d'antisémite à cela ». Jusqu'à présent, cependant, l'opposition à laquelle se heurte Romney ne semble pas stimulé par la crainte que ses actions soient guidées par sa religion (au contraire de l'église catholique romane et de la plupart des dénominations évangéliques, l'église mormone n'attend pas des élus mormons qu'ils en fassent la promotion), mais bien par le simple fait qu'il soit mormon. Un sondage Gallup a montré l'hiver dernier que 46% des américains avaient globalement une mauvaise opinion du mormonisme. Cette mauvaise image repose très certainement sur "l'idée saugrenue" que les mormons de l'Eglise majoritaire pratiquent toujours la polygamie. (A part dans la série Big Love de HBO, l'église mormone a aboli la polygamie il y a plus de 110 ans). Les américains peuvent également se montrer sceptique à l'égard du fait que Joseph Smith aurait traduit le Livre de Mormon à partir de plaques d'or découvertes dans l'État de New York en 1927. Mais cela suffirait à peine à justifier le refus de voter pour Romney. « Le fait qu'il n'est pas plus difficile de croire que Joseph Smith ait effectivement traduit ces plaques d'or que de croire que Jésus a ressuscité, souligne Jan Shipps, une spécialiste du mormonisme qui n'appartient pas à l'Église. C'est juste que Jésus a ressuscité il y a 2000 ans et que Joseph Smith a découvert les plaques d'or il y a 200 ans ». Tout comme son père, il se peut que Mitt Romney n'entre jamais à la Maison Blanche. Mais si sa religion est ce qui l'en empêche, alors cette nation fondée sur le principe de tolérance religieuse ce sera montrée moins tolérante qu'elle ne l'était il y a 40 ans, lorsqu'un mormon a échoué pour des raisons liées à ce monde, et non à l'au-delà.
Voir aussi - Finalement, Mitt Romney livrera un discours sur son appartenance religieuse - - Sélection d'articles en français sur le candidat Mitt Romney -
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