Présidentielle américaine:
le républicain Mitt Romney passe la main
AFP
7 février 2008
Le républicain Mitt Romney a annoncé jeudi son
abandon dans la course à l'investiture républicaine pour l'élection
présidentielle de novembre, laissant les coudées franches au favori John McCain
.
"Je sens que je dois quitter" cette campagne, a-t-il
déclaré lors d'un discours jeudi à Washington lors d'une convention réunissant
des organisations conservatrices, en expliquant qu'il ne voulait pas de division
au sein du parti républicain et faciliter ainsi une victoire des démocrates.
Mitt Romney accusait un large retard dans le nombre
de délégués acquis en vue de la convention républicaine qui désignera
formellement début septembre le candidat du parti. Il affichait 244 délégués
contre 697 pour John McCain, son principal rival. Mike Huckabee a engrangé lui
187 délégués.
Pour gagner l'investiture, le candidat républicain
doit compter sur le soutien d'au moins 1.191 des 2.380 délégués (dont 576 "super
délégués") qui se réuniront à Minneapolis-Saint-Paul (1er-4 septembre).
Outre le sénateur de l'Arizona McCain, 71 ans, et
l'ex-gouverneur de l'Arkansas (1996-2007) et pasteur baptiste Huckabee, 52 ans,
les prétendants républicains à la Maison Blanche comptent encore Ron Paul, 72
ans, représentant du Texas (sud) et candidat atypique
M. McCain, dont la position de leader a été
consolidée par les résultats du "super mardi", s'est attaché jeudi à séduire la
frange la plus conservatrice de l'électorat républicain, lors de cette même
conférence annuelle.
Avec Mitt Romney, "nous sommes d'accord sur
l'importance d'unifier notre parti", a déclaré M. McCain, saluant la "campagne
énergique et dévouée" de son ancien rival.
"Nous avons eu quelques désaccords et personne
d'entre nous ne prétend que nous n'en aurons plus", a-t-il dit, dans une
allusion à ses positions sur la réforme de l'immigration et à son opposition à
certaines baisses d'impôts de l'administration Bush. "Mais même dans les
désaccords, particulièrement dans les désaccords, je rechercherai les conseils
de mes collègues conservateurs".
Les conservateurs pourraient sérieusement
compromettre ses chances de remporter la présidentielle de novembre s'ils
restent éloignés des urnes.
"Je suis tout à fait convaincu que je ne pourrai pas
réussir dans cette mission, et que notre parti ne pourra pas surmonter le défi
auquel nous ferons face avec la sénatrice Clinton ou le sénateur Obama, sans le
soutien des conservateurs dévoués, dont les convictions, la créativité et
l'énergie sont indispensables au succès de notre parti", a poursuivi M. McCain.
Côté démocrate, Hillary Clinton, 60 ans, bataillait
pour rester dans la course au financement face à Barack Obama, 46 ans. Le monde
politique bruissait d'éventuelles difficultés financières après son annonce
mercredi d'une avance de 5 millions de dollars à sa campagne, réalisée sur ses
fonds personnels.
L'ex-Première dame peut néanmoins se targuer d'avoir
engrangé trois millions de dollars en 24 heures après les primaires du "super
mardi" dans plus de 20 Etats, où elle n'a pas réussi à distancer son rival dans
la course aux délégués. Et un nouvel objectif, fixé à 6 millions de dollars,
devait être annoncé jeudi.
Mais Barack Obama, qui avait réuni la somme record
de 32 millions de dollars sur le seul mois de janvier, a déjà fait mieux qu'elle
en récoltant 7 millions supplémentaires depuis la fermeture des bureaux de vote
mardi.
Les rivaux démocrates se mesureront encore dans
plusieurs primaires et caucus avant que les gros Etats que sont l'Ohio et le
Texas ne se prononcent le 4 mars, avec un risque qu'il faille attendre la
Pennsylvanie en avril, voire la convention démocrate en août pour réussir à les
départager.
En attendant, Barack Obama était à La
Nouvelle-Orléans jeudi, avant la primaire de Louisiane prévue samedi. Il a
utilisé l'image de l'ouragan Katrina, qui a ravagé la ville en 2005, comme
métaphore de la déliquescence du gouvernement. |
Le Républicain
Mitt Romney jette l'éponge
Reuters
7 février 2008
Steve Holland
et Andy Sullivan
Version française Jean-Loup
Fiévet
L'ancien gouverneur du
Massachussetts Mitt Romney va renoncer à briguer l'investiture du Parti
républicain pour l'élection présidentielle américaine, a-t-on appris jeudi
auprès de sa formation.
Une source républicaine
souhaitant conserver l'anonymat a indiqué que l'intéressé
Selon un décompte provisoire
établi au lendemain du "Super Tuesday", Romney arrive en deuxième position
dans son parti en nombre de délégués (256), loin derrière le favori
républicain, John McCain (720), mais devant Mike Huckabee (194).
Dans l'entourage de McCain,
on ne fait pas de commentaire pour le moment.
Malgré son image de
redresseur d'entreprises en difficulté, Romney, le "sauveur" des Jeux
olympiques d'hiver de Salt Lake City éprouverait des difficultés à relancer
sa campagne après un "Super Tuesday" décevant.
Battu dans 14 des 21 Etats
en jeu mardi, l'ancien gouverneur du Massachusetts fait pâle figure face à
un John McCain plus que jamais favori.
Notant que la première et la
deuxième places lui ont échappé dans la plupart des Etats où il a mené
campagne dans les trois derniers jours, de nombreux observateurs jugent
désormais la candidature du multimillionnaire, qui se faisait fort de
"gagner le coeur et l'âme du Parti républicain", vouée à l'échec.
"Il ne peut pas être le
candidat conservateur du Parti républicain sans avoir remporté un seul grand
Etat. On a peine a voir pourquoi il irait plus loin", tranche ainsi Julian
Selizer, professeur de sciences politiques et d'histoire à l'université de
Princeton.
"Les électeurs sur lesquels
Romney comptait - les chrétiens de droite - ne sont tout simplement pas
sensibles à son message", poursuit Whalen.
A l'issue des scrutins de
mardi, Romney pouvait toutefois se féliciter de l'avoir emporté dans le
Colorado, l'Alaska, le Montana, le Minnesota et l'Utah, berceau de la
communauté mormone à laquelle il appartient, ainsi que dans la
Massachusetts, qu'il a gouverné de 2003 à 2007.
"Nous allons continuer à
nous battre. Nous allons faire toute la route qui mène à la convention; nous
allons la gagner et nous irons jusqu'à la Maison blanche", avait-il pourtant
assuré mardi soir.
|