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Faire la différence en Iowa
Keith Bedford for The New York Times

E.J. Dionne Jr.
The
WashingtonPost
7 août 2007
Traduction
mormonisme.com
Les textes entre [
] sont des ajouts du traducteur
Prends garde Fred Thompson! D’ici à ce que tu décides de te lancer dans la
course à la nomination républicaine pour le présidentielles, Mitt Romney
pourrait bien avoir conquis ton électorat.
Et bien que Rudy Giuliani et John McCain aient décidé de ne pas concourir
aux élections virtuelles d’Iowa de samedi prochain, ils semblent désormais
très motivés pour empêcher Romney de transformer ce qu’ils espéraient être
un bide événementiel en une victoire significative. Lur objectif est
maintenant de manipuler les principaux rivaux de Romney afin de renforcer la
cote de l’ancien gouverneur Mike Huckabee et du sénateur Sam Brownback et
ainsi diluer les votes et l’attention médiatique en faveur de Romney.
Le débat républicain de samedi dernier qui s’est tenu sur le plateau de
l’émission This Week sur NBC a finalement laissé entendre ce qui est
apparaissait déjà comme évident à beaucoup des cadres du parti : parmi tous
les candidats, Romney est celui dont la stratégie est la plus aboutie non
seulement pour remporter la nomination républicaine pour les présidentielle
mais aussi pour se positionner aux élections de l’année prochaine.
Romney a réussi à devenir le favori de l’establishment républicain, y
compris ceux de la famille Bush (Doro Bush Kosh, la sœur du président, a
levé des fonds pour lui, et Jeb Bush et l’ancien président Bush père y sont
tous deux favorablement disposés). Néanmoins, Romney a pris ses distances
avec l’impopulaire président en fonction.
« Je peux vous assurer que je ne suis pas la copie conforme du Président
Bush », a déclaré Romney lors du débat sur ABC. Il a toutefois modéré ses
propos pour défendre l’administration en fonction lorsqu’on demanda aux
candidats leurs avis sur le vice président Dick Cheney. « Je sais qu’ils ont
commis des erreurs, a déclaré Romney de Bush et Cheney, mais ils nous ont
préservé notre sécurité pendant ces six dernières années. N’oublions pas
cela ». Les deux réponses prises ensemble formaient une sorte de
triangulation digne de Bill Clinton.
Pendant ce temps, la décision prise par Thompson de retarder son entrée dans
la course jusqu’à l’automne commence à ressembler à une erreur. Son
intention était d’éviter son passage à la loupe jusqu’au moment où il devait
se jeter dans la course, lui permettant ainsi de se construire l’image de
sauveur du parti aux yeux des conservateurs que Romney tentent de séduire.
Mais Thompson n’a pas échappé à la loupe, notamment à cause de la
réorganisation de sa non-équipe de campagne, et de son travail de lobbying
en faveur d’une association favorable à l’avortement. « Il a laissé passé
son tour, a déclaré à propos de Thompson un des proches de Romney. A force
de faire un pas en avant, deux pas en arrière, il a raté le coche ».
L’argent a vraiment été le facteur le plus important de l’ascension de
Romney. Compte tenu du fait que l’opinion de l’électorat républicain est
incertaine et que le calendrier politique ne permet pas de traîner, on
estime que Romney aurait investi 8,9 millions de ses propres dollars dans la
campagne. Il a dépensé des millions pour faire campagne en Iowa et dans le
New Hampshire, et il compte sur ces deux premiers tests pour se hisser et se
démarquer face à deux adversaires plus connus, Giuliani et McCain.
La stratégie de Romney porte ses fruits puisque le sondage du Post-ABC News
publié ce week-end montre qu’avec 26% d’intentions de vote, Romney mène la
troupe des probables candidats du comité électoral d’Iowa. Giuliani et
Thompson ont eux respectivement récolté 14% et 13% des intentions de vote.
« Romney a une technique complètement différente des autres candidats, note
David Winston, un sondeur républicain resté neutre dans la course à la
candidature. En remarquant que les publicités de campagnes de Romney ne
souffrent pas de la compétition, Winston ajoute : Il a trouvé le moyen de
s’engager avant l’encombrement général ».
On notera que selon le sondage du Post-ABC, McCain est au coude à coude avec
Hickabee pour la 4ème place autour des 8% ; ce qui s’apparente à
un vrai problème pour McCain, l’ancien leader de la course, et à un triomphe
pour Huckabee dont le faible budget de campagne l’oblige à se faire
remarquer en Iowa.
A la fois McCain et Giuliani ont tout intérêt à ce que Huckabee et Brownback,
le rival direct de Huckabee au sein de l’électorat des conservateurs
sociaux, fassent un bon score au détriment de Romney aux élections
virtuelles d’Iowa. Brownback a rempli sa part et égratigné Romney en
accusant l’ancien gouverneur du Massachusetts de retourner sa veste sur le
sujet de l’avortement.
Le seul moment du débat sur ABC où le candidat Romney sembla quelque peu
déstabilisé fut lorsque Brownback l’attaqua sur son bilan sur le sujet de
l’avortement. Romney a alors dû concéder que son soutien passé en faveur du
droit à l’IVG était sa « plus grosse erreur ». Romney est conscient que son
habileté à se positionner dans le débat politique est également son talon
d’achille.
Néanmoins, lorsqu’il fut interrogé sur le sujet de l’assurance santé [Romney
s’est déclaré en faveur d’une assurance santé universelle], Romney a rejeté
du bras l’orthodoxie conservatrice, et a insisté sur le fait que les
« l’exonération fiscale » ne pouvait suffire à payer une couverture aux
non-assurés car « les gens qui n’ont pas de couverture sociale ne paient pas
d’impôts ».
D’une manière générale, les républicains ne voient pas d’un bon œil ceux qui
sont trop pauvres pour payer des impôts. C’est une autre raison pour
laquelle Romney pourrait se révéler dangereux pour Giuliani, McCain, et
Thompson, mais aussi pour les démocrates.
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Romney
remporte les élections virtuelles d'Iowa avec une
confortable avance
Adam Nagourney
et Jeff Zeleny
The New York
Times
12 août 2007
traduction mormonisme.com
Les textes entre [ ] sont
des ajouts du traducteur
En
voitures, camionnettes, ou par cars entiers, des milliers de Républicains se
sont rendus sur le campus de l'université d'Etat de l'Iowa samedi dernier à
l'occasion des élections virtuelles d'Iowa, un évènement mi-festif
mi-politique. Et Mitt Romney en est reparti avec le premier prix.
M. Romney, l'ancien
gouverneur républicain du Massachusetts, l'a emporté avec 32% des votes,
rapportent les représentants du parti. Mike Huckabee, l'ancien gouverneur de
l'Arkansas, est arrivé second avec 18% des voix.
Le sénateur du Kansas,
Sam Brownback, qui n'a pas ménagé ses efforts pour discréditer Romney au
sein de l'électorat républicain en lui reprochant son soudain revirement
sur la question de l'avortement, entre autres, a
lui obtenu 15% des voix.
John
McCain, le sénateur de l'Arizona, qui n'a pas participé à l'événement, est
arrivé 10ème sur 11 candidats, en réunissant 101 des 14 302 bulletins de
vote.
Malgré
tout le tapage (des équipes de journalistes de la planète entière étaient
présentes) la
signification
politique de cet évènement reste contestable. A l'instar de McCain, le
new-yorkais Ruldoph Giuliani avait annoncé qu'il ne participerait pas au
sondage grandeur nature invoquant que M. Romney avait déjà pris l'avantage.
Par
ailleurs, l'évènement n'était vraiment ce qu'on peut qualifier d'exemple de
démocratie américaine. Les 35 dollars dont il fallait s'acquitter pour avoir
le droit de glisser son bulletin dans l'urne furent dans la plupart des cas
pris en charge par les organisateurs de campagnes respectifs, et M. Romney
avait dépêché des flottes entières de cars pour transporter ses partisans.
Cependant, cette victoire est la bienvenue pour Romney, étant données les
sommes qu'il y a investies -- son équipe de campagne a refusé d’en révéler
le montant -- espérant ainsi reproduire la stratégie qui à mener George W.
Bush à la nomination républicaine en 1999. L'équipe de Romney a déboursé 25
000 dollars pour louer le carré de pelouse sur lequel elle a planté sa tente
pour l'après-midi, et Romney a obtenu le même pourcentage voix que Bush il y
a huit ans.
"Je suis
aux anges d'avoir gagné", a déclaré Romney juste après l'annonce du vote,
ajoutant que le
travail accompli ici avait créé une base solide pour la réunion du comité
électoral de janvier. "Nous avons les équipes de
terrain, nous avons passé les coups de fils. Nous savons où sont les gens
qui ont répondu présent. Nous savons comment les faire venir, et revenir".
M.
Huckabee a accueilli positivement les résultats. Soulignant le fait que
Romney l'avait très largement distancé, M. Huckabee a expliqué qu'il avait
pu acheter des billets pour 1800 partisans (il a cumulé 2587 votes) mais
qu'il n'avait pas pu louer de bus.
"Nous
sommes candidats. Nous sommes ici pour aller jusqu'au bout, insiste Huckabee.
Nombreux sont les partisans qui sont venus par leurs propres moyens".
La
journée fut agrémentée d'un barbecue, de concerts de groupes d'agités, de
chars de carnaval, et de politique spectacle avec discours et tapotage
d'épaules des huit prétendants républicains.
Le
campus, non loin du stade de football des Iowa State Cyclones, avait été
transformé en un océan de tentes, bus, pancartes et de studios
d’enregistrement mobiles.
Il y avait de la nourriture partout (beaucoup d’épaule de porc fumé [une
recette typique du sud des Etats-Unis]), l'une des nombreuses attractions
auxquels les équipes de campagnes ont eu recours pour convaincre les
habitants de l'Iowa de venir jusqu'ici.
Néanmoins, l'évènement a attiré beaucoup moins que les 23 685 personnes qui
étaient venues aux élections virtuelles d'Iowa en 1999. L'ambiance, dans le
hall du campus et sur les pelouses paraissait souvent contenue et reflétait
bien la différence entre les perspectives des républicaines d’aujourd'hui et
celles d'il y a huit ans, quand le parti était impatient de remplacer Bill
Clinton à la Maison Blanche. Deux heures avant même la fin du scrutin, le
campus s'était déjà grandement vidé, on commençait à replier les tables, et
un flot de voitures quittait déjà le parking le parking.
L'annonce
des résultats fut retardée de plus d'une heure à cause du mauvais
fonctionnement d'une machine à voter, selon les organisateurs. Environ 1500
votes durent être comptés à la main.
« Nous
avons été aussi exigeants qu’on puisse l’être pour une élection virtuelle »,
a expliqué le député Steve King, un républicain de l’Iowa, en donnant
l’assurance que les résultats annoncés à un hall presque vide étaient
exacts.
Les
républicains de l’Iowa pensaient que les résultats permettraient au moins de
réduire la masse de candidats républicains pour les présidentielles. Tommy
G. Thompson, l’ancien gouverneur du Wisconsin, avait déclaré qu’il
abandonnerait s’il n’arrivait pas dans les deux premiers. Il est arrivé
sixième, avec 7% des voix.
M.
Giuliani, après avoir annoncé qu’il ne participerait pas, avait agi de telle
façon la semaine dernière que les républicains pensaient qu’il préparait une
arrivée surprise. Il a effectué trois jours de campagne ici en Iowa, et a
fait beaucoup de publicité à la radio. Ses efforts n’ont pas vraiment
payé : il est arrivé huitième avec 183 voix.
Un autre
candidat potentiel, Fred D. Thompson, ne s’est pas montré, et ce bien que
son nom était sur les listes. Il a rassemblé 203 voix.
Romney
lui a décidé de jouer le jeu à fond, pour répondre aux préoccupations de ces
dirigeants de campagne, inquiets qu’un mauvais résultat ne compromette la
viabilité de sa candidature. Le parking était rempli de cars transportant
les partisans de Romney venus de tout l’Etat.
M. Romney
a été acclamé lorsque, dans un discours prononcé avant l’annonce des
résultats et louant de façon mesurée le président Bush « pour la sécurité
apportée », il a annoncé sa volonté d’engager le parti dans une nouvelle
direction. Son discours laissait entendre, à un auditoire de Républicains
clairement démotivé par les perspectives de 2008, qu’il allait se démarquer
de l’actuelle Maison Blanche.
« C’est
la changement qui nous amène ici, a lancé Romney. Et le changement commence
en Iowa, ici et aujourd’hui. S’il y a un jour eu besoin de changement à
Washington, c’est bien aujourd’hui ».
M.
Brownback aussi a été acclamé alors qu’il appelait le parti républicain à
prendre des mesures plus fermes pour mettre un terme à l’avortement. « 45
millions de tués depuis la l’arrêt Roe v. Wade [un arrêt de justice de 1973
en faveur du droit à l’avortement], ça n’est pas digne de ce pays », a-t-il
lancé.
« Ils
disent que nous sommes xénophobes et racistes, mais nous croyons aux lois »,
a insisté M. Tancredo.
Pour le
candidat Romney, la manifestation marquait le point culminant de mois de
préparation, et d’un énorme, bien que non communiqué, avantage financier.
Kathy Potts, 48 ans, une responsable de terrain de l’équipe de Romney à
Cedar Rapids, a rassemblé à 7:00 une cinquantaine de partisans du matin pour
un voyage en bus de deux heures afin de se rendre ici. A leur arrivée ils
ont été accueillis par un concert de salutations de bénévoles, dont 96
membres de la famille élargie de Romney.
Alors que
les équipes de campagne de Romney et de Brownback avaient dépêché des
flottes de cars pour transporter leurs partisans jusqu’à Ames, une ville du
centre de l’Iowa d’environ 50 000 habitants, les fidèles du texan Ron Paul
étaient apparemment venus par leurs propres moyens. Mais ils étaient bel et
bien venus, et une foule de centaines d’individus a déferlé dans la tente
blanche du candidat.
« Je ne
fais pas de prédictions, mais ce que je peux vous dire c’est que nous allons
faire un très bon résultat, a lancé M. Paul en criant pour se faire entendre
par son auditoire. Comment serait-il possible que qui que ce soit refuse de
voter pour la liberté et l’espoir » ?
Beaucoup
des personnes présentes n’étaient pas de l’Iowa. Il y avait, sur
l’autoroute qui mène à Ames, des voitures couvertes d’autocollants en faveur
de Paul et immatriculées dans l’Etat de Washington, du Wisconsin et du
Missouri. « Beaucoup d’entre vous ne sont pas de l’Iowa, mais je peux en
convaincre un, deux, ou trois, ou quatre, a déclaré Paul. Si vous êtes de
l’Iowa, s’il vous plait, allez voter » !
Dan et
Laura Doucette de Britt en Iowa, tous deux âgés de 46 ans, ont fait près de
deux heures de route pour venir acclamer Paul. Tous deux affirment qu’ils
suivent sa campagne, surtout sur internet, et se sont acquitté avec
enthousiasme des 35 dollars nécessaires pour pouvoir voter.
« Il est
contre la guerre. Il veut nous débarrasser de
l’IRS
[impôt fédéral sur le revenu adopté en 1913], et abolir le Patriot
Act [loi d’exception votée en 2001 par Bush mais accusée de réduire les
libertés individuelles au profit de la sécurité nationale], explique Mme
Doucette. Il est dans le camp de la liberté ».
Mais
derrière les apparentes festivités se tenait une rude compétition. L’équipe
de campagne de Romney a rapporté que des partisans avaient été contactés
pour se voir annoncer que des cars de transport pour Ames avaient été
annulés, ce qui, bien sûr, n’était pas le cas.
Un leveur de fonds accusé de fraude démissionne
Un
porte-parole de Romney rapporte qu’un des plus importants leveurs de fonds
pour la campagne de Romney, mis en accusation dans le Maryland pour le
détournement de plus de 32 millions de dollars, a démissionné cette semaine.
Mardi
dernier, un tribunal fédéral du Maryland a énoncé les 23 chefs d’inculpation
à l’encontre du leveur de fonds, Alan B. Fabian,
43 ans, pour blanchiment d’argent, fraude postale, fraude à la faillite,
parjure et obstruction de justice. M. Fabian, qui était l’un des 35
co-présidents du comité national du financement de la campagne de Romney,
aurait effectué 32 millions de dollars d’achats fictifs via son entreprise
de consulting, Maximus Inc., établie en Virginie du Nord, et aurait, selon
la mise en accusation, empoché l’argent.
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