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Le complexe français de Romney
28 février 2007 Traduction mormonisme.com Les textes entre [ ] sont des ajouts du traducteur
Il y a une grande cohérence dans le document power point qui définit la stratégie électorale de la campagne présidentielle de Mitt Romney, et que le Boston Globe a décrit dans son édition de mardi dernier. Après tout, un candidat compétent se doit d’avoir un minimum d’autocritique politique. Il a besoin de connaître ses propres vulnérabilités autant que les faiblesses de ses rivaux. Il doit également s’engager dans la course avec une idée claire des cibles et objectifs à atteindre.
Mais la primauté de la France à incarner le mal ultime menaçant l’avenir de l’Amérique est très certainement le point le plus singulier de document répertoriant les ennemis de campagne de Romney. Les autres « croque-mitaines » de la liste sont les adversaires fantoches qu’un républicain se doit d’avoir pour convaincre les influents membres du parti qu’il est réellement l’un d’entre eux.
Ce que les régents de la droite dénoncent comme étant les « valeurs hollywoodiennes » se doivent de figurer sur la liste des démons désignés. Idem pour les impôts, le djihad, et Hillary Clinton. Et même la présence de l’état du Massachusetts dans la catégorie des grands maux n’est pas une surprise.
Pendant quelques temps, Romney a parcouru le pays, levant des fonds et enthousiasmant les fidèles républicains en faisant des plaisanteries sur le Commonwealth [autre nom du Massachusetts]. L’électorat du Massachusetts à la droit de détester être la cible des plaisanteries du gouverneur, mais il ne peut qu'être admiratif de son habileté à retourner sa veste. Ceux qui sont de la partie se sont rendus compte il y a bien longtemps que les moqueries de Romney envers le Massachusetts sont la clé de ce que le document PowerPoint appelle « les principes essentiels de la marque Romney » ; et qu’importe que les électeurs puissent préférer une véritable personne plutôt qu’une marque.
Cette expression fleure bon la philosophie d’une école de commerce. Elle convient parfaitement à l’esprit d’entreprise commerciale d’un candidat sur le point de se présenter à l’électorat américain comme un « gouverneur intelligent, ayant fait ses preuves, faisant ce qu’il dit, et qui fit volte-face lorsqu'il dirigeait le CIO ». Traduit du jargon d’école de commerce en français, cela signifie que le Commonwealth n’était en fait qu’une entreprise sous performante jusqu’à ce que Romney la reprenne, la réorganise, et ne la transforme en rampe de lancement pour son vol vers la Maison Blanche ; même si le nombre de républicains à la tête du Massachusetts a diminué sous sa gouvernance.
Mais pourquoi la France ? Avec une majorité d’américain désormais contre la guerre en Irak, Romney croit-il que les électeurs américains puissent encore s’enthousiasmer pour des mesures similaires à celle qu’a lancé le couple Bush-Cheney et qui visait à trouver un autre nom aux frites, parce qu’en anglais leur nom est « French fries » ? A l’heure où les français collaborent étroitement avec les Etats-Unis contre les réseaux djihadistes, comment Romney peut-il croire que la meilleure façon de se montrer prêt à prendre la tête du « monde libre » serait de faire imprimer des autocollants pour pare-chocs de voitures dont le slogan serait « Pour commencer, pas la France » [First, Not France] ? [Allusion à une stratégie de campagne envisagée]
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