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Index / Les Mormons dans la presse / Le Démocrate mormon Harry Reid est gagne la présidence du Sénat américain

 

Harry Reid, un mormon à la tête du Sénat américain

 

Le Monde avec AFP et Reuters

10 novembre 2006

article source

 

 

 Harry Reid (centre) célèbre la victoire démocrate

devant le Capitole - AFP/KAREN BLEIER

Chef de file des démocrates au Sénat depuis janvier 2005, Harry Reid devient le vice-président du Sénat américain (le vice-président des Etats-Unis en est le président).  Le sénateur du Nevada se voit là conférer un poste d'une importance considérable : il contrôlera l'ordre du jour du Sénat, dans lequel son parti dispose de 51 sièges sur 100 à l'issue des élections de mi-mandat du mardi 7 novembre.

 

UN PARCOURS ATYPIQUE

 

Harry Reid est né le 2 décembre 1939 dans une famille pauvre de Searchlight, une petite ville du Nevada. La famille vit dans une cabane, sans sanitaires ni eau chaude. Pour s'en sortir, le fluet Reid se lance dans la boxe en amateur, et travaille comme agent de sécurité au Capitole. Diplômé de droit en 1964, il ouvre son cabinet d'avocat au Nevada, avant de commencer rapidement une carrière politique.

Après quatre ans passés à la Chambre des représentants, il est élu une première fois au Sénat en 1986. Au cours de ses mandats, il s'oppose notamment au Patriot Act, aux réductions d'impôts pour les plus fortunés proposées par George Bush, et à la nomination de deux candidats du président à la Cour suprême. "J'aime mieux danser que me battre, mais s'il le faut je sais me battre", prévient M. Reid en 2004.
 

Ce sexagénaire mormon, grand-père de 16 petits-enfants, est aussi connu pour des positions parfois à contre-courant dans son parti. Ambigu sur la question de l'avortement, il se prononce en 2003 en faveur de la guerre en Irak, soutient un amendement à la Constitution – finalement rejeté – qui aurait permis de poursuivre toute personne brûlant un drapeau américain, et s'oppose à plusieurs mesures visant à contrôler le commerce des armes.
 

"LE TEMPS DU CHANGEMENT"
 

Aujourd'hui, pourtant, Harry Reid défend l'idée d'un retrait progressif de l'armée américaine d'Irak. Après la proclamation des résultats, il a demandé au président d'organiser un sommet réunissant les dirigeants démocrates et républicains du Congrès, afin d'élaborer une nouvelle stratégie.

"C'est le temps du changement, le temps de la coopération entre partis, le temps d'un gouvernement ouvert et transparent, et le temps d'obtenir des résultats", a souligné M. Reid. Le sénateur à la langue bien pendue a raconté sa première conversation post-électorale avec George Bush : "Il était de bonne humeur (...), il m'a dit qu'il voulait travailler avec nous. Je lui a répondu : 'M. le Président, c'est ce que vous disiez il y a deux ans, et nous ne sommes arrivés à rien, vraiment. J'espère que vous pensez vraiment ce que vous dites.'"