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Harry Reid, un mormon à la tête du Sénat américain
Le Monde avec AFP et Reuters 10 novembre 2006
Harry Reid (centre) célèbre la victoire démocrate devant le Capitole - AFP/KAREN BLEIER
UN PARCOURS ATYPIQUE
Harry Reid est né le 2 décembre 1939 dans une famille pauvre de Searchlight, une petite ville du Nevada. La famille vit dans une cabane, sans sanitaires ni eau chaude. Pour s'en sortir, le fluet Reid se lance dans la boxe en amateur, et travaille comme agent de sécurité au Capitole. Diplômé de droit en 1964, il ouvre son cabinet d'avocat au Nevada, avant de commencer rapidement une carrière politique.
Après quatre ans passés à la Chambre des
représentants, il est élu une première fois au Sénat en 1986. Au cours de
ses mandats, il s'oppose notamment au Patriot Act, aux réductions d'impôts
pour les plus fortunés proposées par George Bush, et à la nomination de deux
candidats du président à la Cour suprême. "J'aime mieux danser que me
battre, mais s'il le faut je sais me battre", prévient M. Reid en 2004.
Ce sexagénaire mormon, grand-père de 16
petits-enfants, est aussi connu pour des positions parfois à contre-courant
dans son parti. Ambigu sur la question de l'avortement, il se prononce en
2003 en faveur de la guerre en Irak, soutient un amendement à la
Constitution – finalement rejeté – qui aurait permis de poursuivre toute
personne brûlant un drapeau américain, et s'oppose à plusieurs mesures
visant à contrôler le commerce des armes.
"LE TEMPS DU CHANGEMENT" Aujourd'hui, pourtant, Harry Reid défend l'idée d'un retrait progressif de l'armée américaine d'Irak. Après la proclamation des résultats, il a demandé au président d'organiser un sommet réunissant les dirigeants démocrates et républicains du Congrès, afin d'élaborer une nouvelle stratégie. "C'est le temps du changement, le temps de la coopération entre partis, le temps d'un gouvernement ouvert et transparent, et le temps d'obtenir des résultats", a souligné M. Reid. Le sénateur à la langue bien pendue a raconté sa première conversation post-électorale avec George Bush : "Il était de bonne humeur (...), il m'a dit qu'il voulait travailler avec nous. Je lui a répondu : 'M. le Président, c'est ce que vous disiez il y a deux ans, et nous ne sommes arrivés à rien, vraiment. J'espère que vous pensez vraiment ce que vous dites.'"
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